Name: Esther

Posts by :

    Les mots de la colère

    janvier 21st, 2012

    Les émotions sont naturelles

    On ne choisit pas de les vivre, elles s’invitent en nous. Elles ont plusieurs fonctions dont celles de la survie et de la communication. Notre tâche est de les ressentir et de les humaniser. Et les humaniser implique de les nommer. Les mots sont puissants. Nommer, c’est donner vie. C’est rendre visible ce qui ne l’était pas. Nommer nous donne un pouvoir de changer. Avec cette petite série de courts articles, je vous invite à vous arrêter aux différents mots traduisant nos expériences émotionnelles.

    Les mots pour le dire : la colère

    Souvent, en thérapie, lorsqu’un client touche le thème de la colère, une image lui vient à l’esprit : celle de l’Incroyable Hulk. Vous savez, celui qui devient enragé, tout vert et qui détruit tout autour de lui? Mon client visualise alors l’émotion qu’il ressent selon cette image : lorsqu’on est en colère, on est déchaîné, on détruit tout. Les deux seuls choix possibles devant cette émotion seraient soit l’extinction totale (Je n’exprime rien de mon émotion, je ne dis rien, je ravale pour trouver des solutions plus tard ou ruminer sans fin) soit la rage destructrice. Entre le refoulement total et l’explosion rageuse, rien…. Pourtant, quand on s’y arrête un peu, la colère peut se présenter sous différents aspects ou tonalités, sous différentes couleurs je dirais même…

    Ainsi j’aime comparer les émotions aux couleurs parce que celles-ci se déclinent en plusieurs nuances. J’associe, par exemple, la colère à la couleur rouge. Et le rouge se traduit en quantité de coloris! À preuve : passez par votre quincaillerie, au département de la peinture et constatez la grande palette des rouges. Et quel nom exotique pour chacune d’elles! Mais les noms donnés relèvent d’une autre histoire! Ce qui est intéressant c’est la quantité de possibilités de rouge. À la différence de l’Incroyable Hulk, qui n’a qu’un choix, exploser, la colère peut revêtir plusieurs tonalités. Du rouge écarlate de la groseille au rouge profond du rubis, il y a toute une palette de rouges. La même chose s’applique à la colère. De la petite contrariété en passant par l’indignation puis à l’exaspération, toute une palette d’expériences différentes de la colère est possible.

    Alors, devant une situation qui éveille chez vous une émotion de colère, vous sentez-vous:

    • vexé?
    • Irrité?
    • Agacé?
    • Frustré?
    • Vous sentez-vous impatient?
    • Est-ce que cette situation vous met hors de vous, vous rend crispé ou éveille votre rancune?

    Être susceptible est une forme de colère, être plein de ressentiment aussi.

    Chacun des mots précédents exprime une expérience différente de colère. Pouvoir mettre des mots plus précis sur une expérience de cette émotion permet de mieux la comprendre et ainsi d’agir de manière plus juste quand des mots ou des gestes s’imposent.
    La thérapie aide à ressentir puis à mettre des mots sur ce que l’on ressent. Ainsi, nous pourrons peut-être nous permettre d’exprimer plus adéquatement notre colère quand on ne se dira plus : Incroyable Hulk, sors de ce corps!

    No Comments "

    Différences entre psychiatre, psychologue, psychanalyste et psychothérapeute

    novembre 14th, 2011

    Comment s’y reconnaître entre psychiatre, psychologue, psychanalyste, psychothérapeute… ?

    Esther Larose : Un psychiatre est un médecin qui a fait une formation poussée en psychologie. Les psychiatres s’occupent essentiellement des personnes ayant des problèmes de santé mentale lourds, ils sont souvent responsables des évaluations psycho-légales, des évaluations de santé mentale pour les assurances.

    Le métier de psychothérapeute est depuis peu régi par une loi au Québec. Seules certaines formations sont reconnues et permettent au thérapeute d’exercer en tant que psychothérapeute.

    Les psychologues, comme moi-même, sont formés à l’université et sont habilités à exercer en tant que psychothérapeute. La plupart font ensuite une formation complémentaire dans une technique spécifique de psychothérapie. C’est la voie que j’ai choisie : après mon diplôme en psychologie, j’ai étudié dans un institut spécialisé la Gestalt. Cette formation n’est ouverte qu’aux professionnels de la santé.

    Il existe plusieurs autres formations de grande valeur pour devenir psychothérapeute.

    Comment choisir son psychothérapeute ?

    Esther Larose : C’est une question de « match » puisqu’une relation assez intime se crée. C’est sûr que l’on ne peut pas faire abstraction de la personnalité du thérapeute, et que, sans jugement de valeur sur ses compétences, un thérapeute peut ne pas convenir à une certaine personne.

    Par exemple, pour évaluer si l’on est avec une thérapeute qui nous permettra de faire un travail enrichissant, il faut se demander si on se sent bien avec la thérapeute, si on s’est senti écouté pendant la séance, si la thérapeute a parlé plus que nous, si la thérapie avance ou non…

    Je conseille de faire 3 séances pour évaluer si la thérapie, et la thérapeute conviennent.

    Il faut magasiner : si un premier thérapeute ne convient pas, il ne faut pas déduire qu’aucune psychothérapie ne peut apporter de soulagement. Il est recommandé de retenter l’expérience avec un autre psychothérapeute.

    Prescrivez-vous parfois des médicaments ?

    Esther Larose : Non, les psychologues et les psychothérapeutes  ne sont pas autorisés à prescrire des médicaments.

    Les médicaments peuvent être prescrits par un médecin, ou un psychiatre.

    L’approche psychothérapeutique est complémentaire. La prise de médicaments peut s’avérer nécessaire pour diminuer la souffrance ressentie. Lorsqu’elle est intense et handicapante, la souffrance ne sert à rien, elle n’aidera pas à comprendre et à régler les difficultés. La médication peut aider à rendre la souffrance supportable, mettant la personne en condition pour un travail de psychothérapie, qui est souvent recommandé par les médecins  en complément du traitement médicamenteux, car l’approche psychothérapeutique permettra de régler le problème en profondeur.

    Donnez-vous des exercices aux clients entre les séances ?

    Esther Larose : Ce n’est pas systématique, j’adapte selon les cas.

    Parfois je conseille des exercices de conscientisation, des exercices d’auto-observation : observer, être à l’écoute de se qui se passe à l’intérieur de soi, en tenir compte.

    Nous sommes constamment attirés vers l’extérieur, sollicités par la publicité, les gens… Le simple fait d’être plus à l’écoute de soi-même représente pour plusieurs un travail déjà important et exigeant. Ce travail permet dans bien des cas d’améliorer les relations interpersonnelles.

    Comment savoir que l’on peut terminer la thérapie ?

    Esther Larose : Bien sûr on a tous des moments où l’on souffre, mais ce n’est pas une raison pour rester en thérapie.

    Parfois, après un certain nombre de séances, le client se sent mieux et il se sent désormais en possession de suffisamment de clés pour continuer son chemin sans l’aide de la thérapeute.

    D’autres fois, c’est moi-même qui aborde le sujet, voyant que le client n’évolue plus. On en parle, on revisite les objectifs. On peut décider conjointement d’arrêter la thérapie, ou dans certains cas, je peux aussi référer le client vers une autre thérapie.

    Lorsque la décision est prise, il y a toujours une dernière séance destinée à finaliser correctement la thérapie, une sorte de wrap-up.

    Il arrive qu’un client, qui a terminé une thérapie revienne  plusieurs années plus tard, suite à un changement dans sa vie par exemple.

    No Comments "

    Thérapie: étapes, durée et conseils

    novembre 7th, 2011

    Quelles sont les premières étapes d’une psychothérapie avec vous ?

    Esther Larose : Je suggère toujours que les trois premiers rendez-vous soient consacrés à rendre compte du problème entièrement, en mettant, pour ainsi dire, toutes les cartes sur la table, dans le désordre.

    On établit ensuite des priorités. Et parfois, simplement mettre ainsi de l’ordre permet à la personne d’acquérir une perception de soi, ou de la situation, différente, en 4-5 rencontres. Bien sûr le problème n’est pas encore réglé, mais la personne se sent déjà bien mieux.

    Quelle est la durée d’une psychothérapie ?

    Esther Larose : Il n’y a pas de durée standard, la durée dépend toujours du besoin de la personne, de ce qu’elle a envie de faire. On en parle ensemble.

    Certains clients font une thérapie d’une dizaine de séances, cela permet généralement un premier niveau de réponse à leurs attentes. Il est ensuite possible d’approfondir davantage les réponses, de mettre à jour des causes et des mécanismes plus profondément ancrés. Tout dépend des besoins ressentis par le client.

    Je suis aussi des clients sur des périodes beaucoup plus longues car certaines personnes ont besoin de se reconstruire entièrement : leur enfance, puis ensuite le contexte dans lequel elles ont évolué, ne leur ont pas permis un développement épanouissant.  La thérapie va leur permettre de se construire des bases solides en plus de redonner de la valeur à ce qu’elles sont.

    À quel rythme se font les séances ?

    Esther Larose : Je propose des séances de 50 minutes, idéalement hebdomadaires, sinon aux deux semaines. Il est important de maintenir des séances régulières, c’est un peu comme un médicament, il faut le prendre régulièrement pour une bonne efficacité.

    Est-il parfois déconseillé de faire une thérapie ?

    Esther Larose : Non, il n’y a pas de contre-indications ! La thérapie peut être bénéfique pour tous. Il importe de choisir le bon ou la bonne thérapeute pour ses besoins.

    Est-ce qu’il est parfois trop tard pour changer ?

    Esther Larose : Non pas du tout !  On peut entamer une thérapie à tout âge, on peut faire des changements majeurs dans sa vie à tout âge.

    J’en suis moi-même un exemple : je suis devenue psychologue à plus de 40 ans. C’est d’ailleurs en suivant moi-même une thérapie que j’ai pu changer beaucoup de choses dans ma vie, et m’ouvrir à cette opportunité professionnelle. Souvent des clients arrivent en thérapie en se trouvant trop vieux pour changer de métier, mais c’est pourtant toujours possible en y mettant le temps. Il ne faut pas perdre espoir.

    No Comments "

    Psychologie: vivre ses changements

    octobre 31st, 2011

    Quel est le rôle des émotions dans les difficultés psychologiques et dans la psychothérapie ?

    Esther Larose : Les gens ont souvent de la difficulté à s’autoriser à ressentir certaines émotions. Par exemple, ils vivent de la colère, mais s’interdisent de la nommer ou de la ressentir, alors que ce sentiment, face à leur situation, est tout à fait légitime.

    Le simple fait de s’autoriser à ressentir quelque chose, et d’accepter que c’est vraiment cela qu’on vit permet parfois aux problèmes de se résoudre d’eux-mêmes !

    Il y a des solutions qu’on trouve quand on a une perspective un peu différente sur le problème.

    La psychothérapie va aider les personnes à identifier leurs émotions, et les causes de leurs émotions, puis à exprimer ces émotions de manière constructive pour leurs relations interpersonnelles.

    On ne choisit pas les émotions que l’on ressent. Si on ressent une émotion, c’est que l’évènement est connecté à quelque chose d’important pour nous.

    Lorsqu’on sait reconnaître ses émotions et leurs causes, et qu’on accepte de ressentir ces émotions, on peut  commencer à travailler avec elles, pour les maîtriser, les exprimer ou les contenir, selon ce qui est approprié en fonction des situations. Sans l’acceptation de nos émotions, de notre vécu, on ne peut pas les travailler, ni les transformer.

    Les émotions ne sont pas inutiles, elles sont bien là pour nous activer, nous mettre en mouvement, comme on l’entend bien en anglais : e-motion. (motion= mouvement).

    Apprendre à les réguler, c’est de mon point de vue, l’un des principaux bienfaits de la thérapie.

    La psychothérapie ne permet pas de rayer définitivement les émotions de notre vie. Bien sûr, il y aura toujours des évènements qui provoqueront de la tristesse, de la colère, de la peur… mais la personne saura mieux y faire face.

    Quels sont les mécanismes qui amènent à des changements ?

    Esther Larose : Les clients peuvent s’être forgés, à tort, des convictions sur eux-mêmes, qui leur font vivre des sentiments inadaptés : ces sentiments sont problématiques dans la relation aux autres, notamment. Par exemple une personne peut ressentir une honte excessive parce qu’elle est persuadée d’être anormale.

    Lorsqu’une personne est convaincue de quelque chose, il lui faut du temps pour modifier ses idées, et surtout ses émotions, même si ses convictions actuelles lui font du tort. Les convictions sont ancrées très profondément, elles se sont souvent construites durant l’enfance.

    Au niveau intellectuel, rationnel, la volonté de changement peut être présente, mais la modification des émotions se fait plus lentement.

    Souvent les gens cherchent à résoudre des problèmes vieux de plusieurs années en 3 ou 4 séances. Je compare cela à quelqu’un qui voudrait investir $500 pour se retrouver millionnaire en 6 mois ! C’est impossible ! Et je vous recommande de fuir le conseiller financier ou le thérapeute qui vous promet de tels changements ! Il faut accepter de prendre un peu plus de temps, et accepter de regarder les choses différemment pour trouver une solution. C’est ce cheminement qui est fait durant la psychothérapie.

    En quoi la psychothérapie peut-elle aider à mieux vivre des situations impossibles à changer ?

    Esther Larose : La psychothérapie peut aider à découvrir le sens de la situation, et cela rend l’acceptation plus facile. L’impuissance à changer les choses peut faire souffrir.

    Par exemple lorsqu’un proche n’est pas capable de nous apporter ce dont nous avons besoin.

    La psychothérapie propose un chemin pour apprendre à accepter certaines choses incontournables, à vivre avec sans souffrance excessive.

    Quelle aide la psychothérapie apporte dans les problèmes relationnels ?

    Esther Larose : Les problèmes relationnels constituent la majeure partie des difficultés de mes  clients. Il se trouve que c’est difficile d’être en relation avec d’autres personnes. De cesser d’être gentil et d’être vrai dans nos relations, comme l’écrit Thomas D’Ansembourg.

    Des personnes viennent en thérapie pour me demander comment changer un de leur proche. Bien sûr, il y a des choses dans la dynamique de la relation que chacune des personnes peut changer. La personne venant en thérapie a parfois besoin de regarder le problème dans un contexte relationnel plus large, ce qui lui permet de se transformer et cela crée une nouvelle dynamique dans la relation, l’autre changeant aussi. Mais il faut aussi parfois accepter de ne pas pouvoir changer l’autre. C’est le  client lui-même qui va d’abord être transformé par la thérapie.

    La psychothérapie, à travers le travail sur les émotions notamment va permettre au client d’adopter des comportements propices à la création de relations interpersonnelles plus  harmonieuses.

    No Comments "